L’ONMT et RAM mettent le cap à l’Est

L’Office national du tourisme (ONMT) et Royal Air Maroc (RAM) renforcent leur alliance. L’Office et la compagnie aérienne nationale viennent, en effet, de signer deux partenariats pour «l’intérêt stratégique d’une croissance soutenue du flux touristique vers la destination Maroc, aussi bien sur les marchés existants que sur des marchés nouvellement identifiés».
Le premier volet de ce partenariat porte sur la promotion de la destination Maroc à partir de trois pays émetteurs sur une période de deux ans: Allemagne, Pologne et Russie. Dans une première phase, il s’agira pour l’Office d’abattre un important travail de publi-promotion dans ces pays et pour le transporteur aérien, ouvrir trois nouvelles liaisons. Pour cela, au sein de l’ONMT, on estime le budget nécessaire entre 4 à 8 millions de DH, selon le marché, en mettant en place une stratégie de comarketing avec RAM, dans le même modèle qu’avec les low cost. Stratégie consistant à financer par l’ONMT la promotion d’un point à point ouvert par une compagnie.
Seulement, «l’investissement pour la mise en place d’une liaison aérienne quotidienne sur l’Europe coûte en moyenne 250 millions de DH», fait remarquer le PDG de Royal Air Maroc, Driss Benhima. Sur l’aéroport Heathrow de Londres, ce ticket d’entrée peut atteindre 400 millions. Sur les 67 destinations internationales assurées par RAM à partir du Maroc, 25 quotidiennes sont européennes. Les trois nouvelles liaisons (Munich-Marrakech, Varsovie-Casablanca-Agadir, Moscou-Casablanca-Agadir), trois fois par semaine, en comarketing avec l’ONMT, «pour être rentables devraient devenir des quotidiennes», relève Benhima. Ce qui n’est pas gagné d’avance quand on sait que «RAM est demandeur de plusieurs quotidiennes et d’autres points de chutes sur des destinations comme le Canada, sans succès».
Les autorités canadiennes n’autorisent pour le moment à RAM que Montréal. Sur la Russie, c’est le clair-obscur. L’accord de principe de l’ambassadeur russe au Maroc pour une autorisation aérienne n’est à ce jour jamais suivi d’acte. Mais, le directeur général de l’ONMT, Abdelhamid Addou, reste confiant. Il dit «être en négociation avancée sur ce dossier avec les différents responsables russes».

En tout cas, Addou croit énormément dans la pertinence de la convention signée avec RAM. Car, «nous sommes dans un monde où nous devons nous serrer les coudes pour générer du business». Depuis deux ans, Addou répète à qui veut l’entendre que «la promotion et la commercialisation du Maroc n’est pas la mission de l’Office seul, mais de tous les opérateurs touristiques, à leur tête Royal Air Maroc». En allant ensemble, dans certains marchés qui exigent des moyens matériels et financiers importants pour les pénétrer, on est plus efficaces. Et ça crée de l’émulation».
Le second volet du partenariat formalise la collaboration naturelle des deux institutions et permet de mutualiser leurs moyens pour identifier de nouveaux marchés et prospecter des TO. Dans son rôle de premier opérateur touristique du pays, avec 70% des parts de marché du tourisme packagé (transport et séjour), RAM n’a d’autres choix que de convoler officiellement avec tous les acteurs de la promotion de la destination Maroc dont l’ONMT.

B. T.

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